Témoignages

« Nous voulons équilibrer le monde de la finance et du conseil avec celui de l’entreprise ! »

NAPF qui rassemblait depuis sa création les spécialistes de la finance et les institutionnels, s’est tournée depuis un an vers les entreprises, pourquoi ?

Il y avait déjà, depuis plusieurs années, quelques entreprises cotées, membres du conseil d’administration de NAPF, dont VM Matériaux-Herige. Le recrutement systématisé d’entreprises avait été initié par mon prédécesseur, Gérard Estival. L’objectif est d’animer le monde de la finance en équilibrant la proposition de la place financière entre les spécialistes et les entreprises.

Quand je suis arrivé en 97, Alain Marion, à l‘époque directeur financier de VM Matériaux, m’a proposé de participer à un Conseil d’Administration de NAPF : j’ai eu l’impression d’être sur une autre planète ! Je n’imaginais pas que 20 ans plus tard j’en prendrais la présidence !

 

Sans être un spécialiste de la finance, je portais l’image d’ouverture vers les entreprises. La présence de Damien Forey, arrivé il y a 2 ans, a simplifié mon accord car autrement je n’aurais pas eu le temps. Nous nous répartissons bien les rôles.

 

Quelles entreprises visez-vous ? PME, ETI, grandes entreprises ?

Nous visons les grandes entreprises, groupes et ETI, en particulier s’il y a des centres de décision significatifs ou si elles sont cotées. Dans les PME, nous cherchons des entreprises à fort potentiel. Nous pouvons aussi accueillir des start-up comme Mynewstartup ou Effimmune qui ont des problématiques de financement et des perspectives de développement importantes.

 

 

Quels sont les résultats aujourd’hui ?

En termes nets, nous rassemblons une cinquantaine d’entrepreneurs, dont 36 nouvelles entreprises depuis le 1er janvier. L’objectif 2016 est d’en recruter une quarantaine, pour en compter 80 à la fin de l’année. Ainsi, avec 160 membres, nous équilibrerons le monde de la finance et du conseil avec celui de l’entreprise. Tout l’intérêt est de créer un réseau mixte avec des acteurs qui s’enrichissent les uns les autres.

 

Comment se fait le recrutement ?

En invitant nos prospects à des réunions que nous avons baptisées « Les Initiales » ; il s’agit d’une réunion de présentation de NAPF avec les témoignages de membres qui nous reçoivent (Par exemple Armor ou Le Noble Âge…). Nous faisons également intervenir de jeunes managers. Au final, 75% de nos invités adhèrent à NAPF ! Le bouche-à-oreille joue aussi de plus en plus…

 

Quelle est l’offre développée par NAPF ?

Elle est très riche et nous l’exprimons à travers deux axes : de la réflexion à l’action d’une part, et de l’offre réservée aux membres à la dimension « sociétale » d’autre part.

Ainsi, à titre d’exemple, NAPF publie des recueils sur la Gouvernance ou le Crowdfunding, favorise le partage d’expérience à travers les « Petits Déjeuners » devenus un rendez-vous mensuel incontournable, ou encore assure la promotion de Start-West…

A contrario, seuls les membres peuvent participer aux commissions spécialisées : Finance, Gouvernance, Transmission, ou encore à des ateliers dédiés : croissance externe parmi d’autres… Dernière « innovation », les Afterworks, permettent aux Dirigeants, Associés, etc, de se rencontrer en toute convivialité.

NAPF assure également un rôle d’interlocuteur auprès des collectivités, participe au Comité d’Orientation de la BPI et s’enrichit des échanges avec les autres Places Financières, menés par Philippe de Portzamparc.

 

Tout cela donne un mapping précis de nos opérations et illustre l’importance et la variété du travail fourni par NAPF. Nous sommes très attentifs à produire des résultats concrets pour aider les entrepreneurs et répondre aux attentes des collectivités.

 

Dans les opérations réservées aux membres, les commissions font un travail très précis. Par exemple sur montage de prêts pour le compte du Conseil Régional ou de la BPI, la gouvernance avec la publication de guides, la transmission avec des événements ouverts sur le monde extérieur (3 entrepreneurs ayant géré ce problème témoignent ; Jean Paul Legendre, le groupe Lacroix et un paysagiste…) La commission Entrepreneuriat diligente des crash tests pour le compte de la CCI. Le Club de Jeunes Managers fonctionne dans une logique de transmission ; nous ouvrons NAPF à des quadras qui amènent une dynamique nouvelle.

 

Il y a un gap entre la communauté financière et les entrepreneurs, comment NAPF les rapproche-t-elle ?

Le premier lien est de constituer un réseau où les gens se rencontrent à un certain niveau ; cela facilite les choses. Si on veut que l’arbre grandisse, il faut savoir entretenir la terre. Nous fertilisons le terrain.

 

Dans une conjoncture de croissance ralentie et de phénomènes financiers déconcertants (taux négatifs), quel intérêt y a-t-il pour un chef d’entreprise à adhérer à NAPF ?

Pour travailler efficacement avec le monde financier, tout entrepreneur doit en comprendre les évolutions : normes BALE III et autres Solvency, contraintes de la BCE, la Banque Centrale Européenne. La finance est aujourd’hui un outil complexe, mais indispensable à la croissance des entreprises. Les taux négatifs ont de grosses répercussions et d’ailleurs, nous réfléchissons actuellement à un travail pédagogique sur ce sujet pour éclairer les chefs d’entreprises.

Dans le même esprit de compréhension des logiques respectives, nous lançons un nouveau projet : « Vis ma vie ». Nous allons demander à deux ou trois entrepreneurs de prendre la place du banquier et inversement, puis de défendre un dossier de financement. Les banquiers ont leur logique et les entrepreneurs ne les comprennent pas toujours. On va tester ce modèle totalement original, puis nous l’élargirons.

 

Beaucoup de choses changent ; intermédiation, règlements communautaires, taux négatifs, haut et bas de bilan, PME ou non, niveaux d’engagements, export… Beaucoup de produits financiers existent et les entreprises ne savent pas toujours se retrouver dans ce maquis. Elles ont pourtant un intérêt direct à mieux comprendre les contraintes des banques.

 

La finance connaît une mutation profonde avec de nouveaux  acteurs, n’y a-t-il pas nécessité pour les entreprises de remettre à jour leurs connaissances pour profiter de toutes les opportunités ?

C’est un point clé. On voit bien que les entreprises qui nous rejoignent ont ce degré de maturité qui leur fait rechercher et connaître le monde de la finance. La Commission Finance qui ne rassemblait que des Financiers, s’est élargie ponctuellement à des entrepreneurs… ce qui a donné lieu à des débats passionnants !

 

Vous avez dirigé une entreprise cotée, en êtes aujourd’hui membre du Conseil de Surveillance,  la bourse est-elle une alternative au financement des PME et ETI, quel rôle devrait-elle jouer ?

C’est clairement un moyen de financer le développement. La bonne nouvelle est qu’après une période creuse, sur l’Ouest, les choses bougent et les introductions reprennent. À Nantes, nous enregistrons trois très belles opérations depuis 15 jours : Maisons du Monde, 330 millions d’euros, la plus grosse intro depuis 10 ans dans les ETI françaises, Kerlink qui vient de lever 10 millions et Effimmune qui est un de nos membres et  vient de fusionner avec OSEPharma.

La présence de Frédéric Boiffin, représentant d’Euronext à Nantes, n’est pas étrangère à ces opérations.

Ceci dit les entreprises doivent être conscientes des contraintes qui leur sont imposées, et savoir en faire des opportunités ; NAPF y contribue grâce à des manifestations conjointes avec Middlenext et Euronext.

 

 

Quel est le rayon d’action de NAPF dans l’Ouest ?

NAPF est née à Nantes de la disparition de sa Bourse. Nous voulons nous élargir sur les Pays de Loire, mais la priorité est une bonne assise sur la Loire Atlantique, la Vendée, le Maine et Loire… Nous avons une vocation à couvrir le Grand Ouest, mais n’allons pas plus vite que la musique. Nous devons d’abord montrer que notre modèle fonctionne.

 

Nantes est dynamique et offre d’abondantes propositions d’implication de chefs d’entreprises, quelle place prend NAPF dans ces réseaux ?

La finance irrigue une entreprise, ce qui justifierait de s’intéresser à tout sujet. Nous avons beaucoup de sollicitations éloignées de nos objectifs ou qui sont  parfaitement traitées par d’autres structures. Je suis attentif au fait que NAPF reste dans sa vocation et ne s’égare pas dans toutes les directions.

 

Nous sommes rarement pilotes sur d’autres réseaux, mais nous pouvons venir en soutien sur les domaines finances et conseil. Nous sommes assez présents dans le monde universitaire avec l’Université, Audencia, l’ESSCA… Qui sont eux-mêmes présents à notre conseil d’administration. Nous nous appuyons souvent sur eux, par exemple lors des publications sur le crowdfunfing avec Audencia.

Nous avons également des participations croisées avec MC2 pour nous enrichir mutuellement. Il est naturel que nous construisions des liens avec l’environnement, notre écosystème.

 

NAPF était jusqu’à présent une association très discrète, désormais, elle investit en relations presse, pourquoi ?

NAPF doit sortir de l’ombre si nous voulons  être connus des entreprises et reconnus des pouvoirs publics. Beaucoup d’entreprises nous découvrent. Nous devons donc expliquer ce que nous faisons.

Nous relions des événements, ainsi, lors de l’Assemblée Générale, nous organisons un débat. Depuis cette année, il est filmé, nous sommes présents sur les réseaux sociaux comme Twitter, nous travaillons avec les journalistes économiques de la presse locale et le Journal des Entreprises.

Cette ouverture apporte également à nos membres une visibilité supplémentaire.

 

En synthèse, diriez-vous qu’en 2016, NAPF est devenue incontournable pour un entrepreneur ambitieux ?

Bien évidemment. C’est un peu prétentieux, mais les 60 entreprises qui nous ont rejoints se sont posé ce genre de questions. Chez Sodebo par exemple, c’est le conseil d’administration qui a choisi ! À un certain niveau, le choix de NAPF est naturel.

 

Cet afflux de nouveaux membres vous confère plus d’autonomie financière ?

Il est légitime que notre association ait son autonomie financière sans renier les liens avec la CCI. Une association qui ne vit que de subventions, interroge sur sa légitimité.

Comme tout entrepreneur, nous comptons sur nos propres forces !

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